Koko Dunda : le textile artisanal du Burkina Faso aux motifs uniques
Koko Dunda : un textile burkinabè aux motifs impossibles à reproduire
Certains textiles racontent immédiatement une histoire. Le Koko Dunda, né à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, en fait partie.
Réalisé en coton 100 % naturel, ce tissu artisanal se distingue par ses motifs libres, presque picturaux. Les couleurs semblent s’être déposées dans la fibre comme des éclats de lumière, créant des compositions imprévisibles où les pigments se mêlent et se diffusent avec une spontanéité fascinante.
Chaque pièce est différente. Les pigments pénètrent dans le coton, se croisent, se superposent et laissent apparaître des motifs impossibles à reproduire à l’identique.
C’est précisément cette part d’imprévisible qui donne au Koko Dunda son caractère si singulier.
Un textile né à Bobo-Dioulasso
Le Koko Dunda trouve ses origines à Bobo-Dioulasso, grande ville culturelle du Burkina Faso et carrefour historique du commerce en Afrique de l’Ouest.
Son nom est lié au quartier Koko, où ce savoir-faire textile s’est développé et transmis au fil des générations. Dans ces ateliers, les gestes se répètent depuis longtemps : préparer le tissu, manipuler la matière, appliquer la couleur, révéler les motifs.
Au fil du temps, ce textile est devenu l’un des tissus emblématiques du pays, apprécié pour son caractère expressif et pour la liberté de ses motifs.
Un nom lié à la ville
Le nom Koko Dunda est associé à Koko, quartier historique de Bobo-Dioulasso situé à proximité du marché central. Les récits ne fixent pas tous la même date d’apparition du textile, mais ils situent son développement et sa transmission dans cette ville où les gestes de teinture occupent une place importante dans la vie artisanale.
Cette histoire continue de s’écrire dans les ateliers. Les étoffes circulent, les techniques se transmettent et chaque personne qui teint développe une manière propre de guider les couleurs, de préparer les réserves et de révéler les motifs.
Une technique de teinture artisanale
Le Koko Dunda est réalisé à partir d’un tissu de coton blanc qui devient le support d’un travail de teinture entièrement manuel.
Avant l’application des pigments, le tissu est manipulé, plié, froissé ou compressé. Ces gestes créent des zones de résistance où la couleur se diffuse différemment.
Lorsque les pigments sont appliqués, ils pénètrent dans la fibre et révèlent progressivement des motifs organiques : éclaboussures de couleur, transitions imprévisibles, contrastes vibrants.
Une fois le textile déplié et séché, chaque pièce révèle une composition unique.
Un tissu impossible à reproduire
Contrairement aux tissus imprimés industriellement, le Koko Dunda ne peut pas être standardisé.
La moindre variation dans le pli du tissu, la densité du coton ou la diffusion du pigment influence le résultat final. Même lorsque les artisans répètent les mêmes gestes, les couleurs et les motifs évoluent toujours différemment.
Chaque textile devient ainsi une création unique, où l’imprévisible fait partie intégrante du processus.
Un savoir-faire porté par des femmes artisanes
Dans de nombreux ateliers du Burkina Faso, la fabrication du Koko Dunda repose sur le travail d’artisanes qui pérennisent ce savoir-faire.
Les techniques se transmettent de génération en génération, souvent au sein des familles ou des communautés. Chaque artisan développe progressivement son propre geste et sa sensibilité pour la couleur.
Au-delà de sa dimension esthétique, ce textile participe ainsi à faire vivre un patrimoine artisanal et à soutenir l’économie locale.
Le Koko Dunda chez Studio Matongé
Chez Studio Matongé, le travail commence par la sélection des étoffes en kokodunda auprès de notre fournisseur. Nous choisissons les tissus qui deviendront des nappes DUNDA ou des housses de coussin KUMASI, en fonction de leurs couleurs, de leurs motifs et de l’usage que nous souhaitons leur donner.
Le choix des matières, leur affectation et le design des produits sont le travail de Studio Matongé. La confection des nappes et des housses est réalisée à Bruxelles par Muliéris, un atelier de couture protégé. Cette démarche associe le savoir-faire des artisans qui teignent le tissu au Burkina Faso à notre regard sur les usages et les associations de matières.
Elle s’inscrit dans notre démarche de création et de sélection : faire dialoguer les styles décoratifs et proposer des pièces avec lesquelles composer un intérieur à son image.
Les nappes DUNDA en kokodunda
Pour DUNDA, Studio Matongé choisit de donner aux étoffes sélectionnées une place à table. Les nappes mettent en valeur les variations de la teinture artisanale sur coton ; leur confection est confiée à Muliéris, à Bruxelles.
Découvrir les nappes DUNDA en kokodunda
Pour composer une table, partez d’une couleur de la nappe et reprenez-la dans la vaisselle, ou associez-la à des céramiques unies et à de la vannerie. Le textile relie ainsi des objets de styles différents, selon vos envies.
Les housses de coussin KUMASI en kokodunda et velours
Pour KUMASI, Studio Matongé sélectionne les kokodundas et compose leurs associations avec un velours de coton uni au dos. Les housses sont conçues par le studio et confectionnées par l’atelier Muliéris à Bruxelles. Le contraste entre le motif et le velours donne à chaque pièce sa présence et sa douceur.
Découvrir les housses KUMASI en kokodunda et velours
- KUMASI Canopée
- KUMASI Savannah
- KUMASI Aurore
- KUMASI Iris
- KUMASI Lagune
- KUMASI Terre Brûlée
- KUMASI Horizon
- KUMASI Nuit Indigo
Sur un canapé contemporain, près d’un fauteuil ancien ou aux côtés de coussins en lin et en bogolan, KUMASI permet de relier couleurs et textures. Un rappel de teinte crée une continuité ; un contraste plus marqué affirme votre composition.
Quand la réserve rencontre le cuir
Le Koko Dunda appartient d’abord au textile. Sur le coton, les plis, les froissages et les ligatures créent des réserves avant les bains de teinture successifs. La couleur se glisse entre les zones maintenues et révèle, à l’ouverture de l’étoffe, des lignes et des passages toujours singuliers.
Dans le travail du cuir, ce vocabulaire peut être prolongé de deux manières. Un véritable textile Koko Dunda peut être marouflé sur le cuir ; ou le principe de la teinture par réserve peut être adapté directement à la peau. DEÑC-MITI suit cette seconde voie : aucun textile n’est collé sur la boîte et aucun motif n’est imprimé.
Le cuir est d’abord préparé et légèrement humidifié pour gagner en souplesse. Il peut alors être plié, froissé ou maintenu afin de créer les réserves qui guideront la couleur. Comme il supporte mal une immersion prolongée dans l’eau chaude, la teinture est travaillée par une application localisée ou un passage très bref à froid. Le cuir sèche ensuite à l’ombre avant de recevoir une finition protectrice qui contribue à stabiliser ses nuances.
Ce procédé conserve une part d’imprévu. La pression des plis, la circulation de la couleur et le grain du cuir composent un dessin qui ne peut être reproduit à l’identique.
DEÑC-MITI : du textile à l’objet
Avec DEÑC-MITI, le langage visuel du Koko Dunda rencontre le bois et le cuir. La boîte est réalisée à la main au Sénégal par le même artisan tanneur que les paniers en cuir sélectionnés par Studio Matongé. Sa structure ronde en bois est gainée de cuir, du couvercle jusqu’à l’intérieur.
Le motif est réalisé à la main directement sur le cuir par une teinture par réserve adaptée à cette matière. DEÑC-MITI n’est donc pas confectionnée dans une étoffe Koko Dunda : c’est le cuir lui-même qui reçoit le travail de pliage, de réserve et de mise en couleur. Cette précision permet de reconnaître pleinement le Koko Dunda comme savoir-faire textile tout en montrant comment son langage peut inspirer un autre support.
Déclinée en trois formats et plusieurs compositions colorées, chaque boîte correspond à l’exemplaire photographié. Les variations de placement du dessin font partie de l’objet et rendent chaque pièce singulière.
Découvrir les boîtes DEÑC-MITI
Un textile vivant
Dans un monde où la production textile cherche souvent la répétition parfaite, le Koko Dunda célèbre au contraire l’imprévisible.
Chaque pièce porte la trace du geste, de la matière et du temps. Les variations de couleur et les motifs spontanés deviennent alors la signature d’un textile profondément vivant.
C’est cette singularité qui en fait aujourd’hui l’un des tissus les plus fascinants de l’artisanat textile d’Afrique de l’Ouest.
Une collection traversée par la couleur
Des nappes DUNDA aux housses KUMASI, le Koko Dunda conserve la trace directe de la teinture sur coton. Avec DEÑC-MITI, son vocabulaire de plis, de réserves et de couleurs est interprété par un travail de teinture directement sur le cuir, sans confondre l’étoffe originelle et l’objet gainé.
La collection Koko Dunda — Textiles et objets réunit ces pièces autour d’un même regard sur la couleur : une couleur qui varie, se déplace et transforme l’usage quotidien.